Lorsque Yvon Deschamps nous raconte son parcours, on rit. On rit parce que c’est Yvon Deschamps. On rit surtout parce qu’on se dit qu’à l’époque, les gens le croyaient misogyne, raciste, haineux des aînés. On trouve ces gens épais. On rit du fait qu’ils ne comprenaient pas le 2ème degré. Aujourd’hui, sommes-nous capables d’en saisir un? La polémique entourant le Bye Bye 2008 tend à nous prouver que non.

Jean-François Mercier se retrouve dans les vieux souliers de Deschamps. Est-ce que Mercier est le Deschamps de sa génération? Seul le temps nous le dira. Mais là n’est pas la question. Plus ou moins 50 ans plus tard, il vit la même situation. Le public décode mal son humour. Le public ne voit pas les mêmes cibles que celles qui sont ciblées. Alors que Mercier tourne le racisme au ridicule, on l’accuse d’être raciste.
Est-ce que notre peuple a évolué en 50 ans? Il s’est davantage éduqué, certes. Mais est-il plus intelligent? Est-il davantage perspicace? On dirait que non.

Des gens payés pour penser à notre place, comme Denise Bombardier, nous font réaliser que ce nous avons vu n’était pas drôle. Et moi qui croyais avoir ri… C’était peut-être une crampe.
Cette femme qui incarne l’intellectualisme d’aujourd’hui (à noter que j’utilise le terme « intellectuel » au même titre qu’on l’utilisait pour Pierre-Elliot Trudeau, soit une personne qui aime cracher sur les Québécois), crache son venin sur l’équipe du Bye Bye. Or, elle a été une cible de cette équipe. Alors, quelle crédibilité a-t-elle dans sa critique? J’aimerais lui dire de manger de la marde, mais elle ne comprendrait pas mon langage trop bassement populaire. Madame Bombardier, veuillez vous sustenter de défécations.

On martèle de tous côtés que Mercier est un méchant-méchant. Pourquoi? Parce que les médias viennent de revenir de vacances. Parce que c’est encore frais. Parce que ses complices sont en vacances.
À son retour, les « ma tantes » du Québec pardonneront à Véro ce qu’on qualifiera d’une erreur de parcours dans une carrière impeccable.

Peut-être que le Bye Bye 2008 n’était pas à la hauteur des autres. Peut-être était-il moins drôle. Est-ce un crime? Certes, des propos ont dérangé. Des propos ont retenu l’attention. Pour les bonnes raisons? J’en doute. Aujourd’hui, Denis Lévesque se défendait d’être raciste. Semble-t-il que, lui non plus, n’a pas compris le 2ème degré alors que le sketch qui le mettait en vedette n’avait pour seul but que de souligner sa propre imbécillité.

J’ai aussi entendu Jean-François Mercier dire qu’il ne tiendra plus sa place dans un prochain Bye Bye. Reste à espérer qu’il ait autant de parole que Dominique Michel. Parce que, quant à moi, Jean-François Mercier a été le plus (le seul?) drôle de la soirée. Il a sauvé le Bye Bye. S’il ne sera pas à celui de Radio-Canada, j’espère qu’il fera partie d’une revue de l’année plus marginale. Si tel est le cas, je serai au rendez-vous. Soit devant mon écran, ou derrière mon clavier. À la prochaine fois, monsieur Mercier.

Bye Bye 2008

30 décembre 2008

Vous n’en pouvez plus d’attendre au Bye Bye pour vous souvenir de ce qui s’est passé cette année? Je vous offre ma propre rétrospective-maison.

Rétrospective 2008 de Quicky Mart

Bonne année 2009 à tous ceux qui me suivent. Je vous souhaite tout ce que vous voulez et, surtout, d’être plus nombreux.

Martin

Il était une fois, une petite fille pauvre. Elle avait sûrement un nom de pauvre comme Julie, mais on va l’appeler Natasha pour préserver son anonymat.

C’était l’hiver. Il faisait froid, parce que les réchauffements climatiques avaient été prévus par le même gars qui avait prédit un été chaud et sec.

Natasha avait les pieds nus. Au début de la journée, elle avait volé des souliers à un Noir qui les avait volés à blanc. Donc, ça s’annule. Mais les souliers étaient trop grands. Elle les avait perdus en faisant le saut pendant qu’une Hundai explosa pendant qu’elle traversait la rue.

Dans ses poches, elle avait des allumettes. Elle voulait les vendre. Mais personne ne la voyait. C’était le temps des fêtes. De plus, une crise économique frappait. Donc, tout le monde était beaucoup trop occupé à flamber toutes leurs économies pour aider les entreprises. Prendre aux pauvres pour donner aux riches. Mais, ça c’est l’histoire de Robin des bois drogué et c’est une autre histoire. Donc, personne ne voyait les yeux piteux de la petite Natasha. Personne ne lui achetait ses allumettes.

La journée tira à sa fin et la petite n’avait toujours vendu aucun carton d’allumettes. De l’autre côté de la rue, Gaston l’homme-tronc, avait réussi à vendre beaucoup de crayons. Lui, il faisait pitié pour vrai. C’était pas juste un enfant de B.S. qui vendait des allumettes pour acheter de la bière à son père.

Il commença à neiger. En d’autres mots, Dieu avait échappé son sac de poudre.

Natasha commença à avoir froid. Elle alla s’asseoir entre 2 H.L.M. Les murs n’étaient pas chauds, mais ils la protégeait du vent. Elle avait peur de rentrer chez elle, parce que son père est violent quand il boit, mais encore plus quand il ne boit pas.

L’idée lui traversa l’esprit de se réchauffer les mains avec une allumette. Ce qu’elle fit. Elle savourait l’effet de la flamme comme une junkie savoure d’effet de… bin voyons. Qu’est-ce que je dis là? Une junkie, ça sent rien.

L’allumette lui transmit de la chaleur. Jusqu’à ce que l’allumette s’éteigne. Elle en alluma une deuxième et le mur devant elle devint transparent. Dans cette fenêtre imaginaire, elle vit une famille heureuse et aimante, autour d’une table remplie de nourriture. L’allumette s’éteignit. Elle en alluma une autre. Cette fois-ci, elle vit un sapin. Un sapin qui grimpait jusqu’au ciel et qu’elle pouvait escalader et voir le monde sous un angle nouveau. C’est à ce moment-là que Natasha se dit que, des allumettes, ça ne se fume pas.

Le lendemain matin, des passants trouvèrent le corps de Natasha. Une junkie lui vola ses allumettes pour aller fumer au couteau.